Films vus en février 2013

Les bonnes femmes, Chabrol

7 jours à la Havane, collectif

Une femme est une femme, Godard

Juliette des esprits, Federico Fellini

Vous n’avez encore rien vu, Alain Resnais

Possédée, Ole Bornedal

Otto e mezzo (Huit et demi), Federico Fellini

Argo, Ben Affleck

Un film très réussi pour Ben Affleck après The Town.

Il Bidone, Fellini

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Film peu connu de Fellini qui raconte le parcours d’escrocs et qui montre la misère en Italie.

Dans la maison, Ozon

ça commence bien, on se dit que ça peut être pas mal, et puis la fin est décevante. Un bon divertissement, mais qui aurait pu être mieux.

The Invader (l’Envahisseur)

The Invader, L’Envahisseur en français, est le premier film du jeune réalisateur belge Nicolas Provost. Un film très prometteur.

Ce n’est pas un film bavard. Sa force est de montrer par des images les choses qui pourraient être dites par des mots. A cet égard la scène d’ouverture en est un bel exemple. Une femme blanche nue sur une plage se lève et voit des hommes noirs échoués sur la plage. En arrière fond on voit d’autres personnes nues se précipiter pour les aider, alors qu’elle ne fait que regarder. Elle s’arrête devant les deux dernières personnes échouées, et regarde un homme fort sauver son ami mal en point.

Cette personne, c’est l’Envahisseur, le personnage joué par l’excellent Issaka Sawadogo qu’on verra évoluer tout au long du film. On le verra ainsi aux prises avec les trafiquants d’êtres humains, les passeurs, ces esclavagistes modernes, on le verra errer seul dans les rues, le jour, la nuit. À plusieurs moments le film peut faire penser à un Gaspar Noé. N’en disons pas plus.

Nicolas Provost est un jeune réalisateur à suivre. Nous attendons son prochain film avec impatience.

Carré Blanc

Carré blanc est un film français réalisé par Jean-Baptiste Leonetti sorti en 2011.

Avec Sami Bouajila dans le rôle de Philippe, Julie Gayet dans celui de Marie, Jean-Pierre Andréani : Patrice, Carlos Leal : Jean-Luc, Dominique Paturel : François Malvy, Fejria Deliba : la mère de Philippe, Valérie Bodson : Lise, Viviana Aliberti : Sylvie, Majid Hives : Philippe jeune, Adèle Exarchopoulos : Marie jeune, Nathalie Becue Prader : la psy, Marc Lefebvre : Un candidat

Ce film à petit budget dépeint une dystopie, c’est-à-dire une société imaginaire qui, de manière opposée à l’utopie ne serait pas la meilleure qui soit, mais la pire.
Le personnage de Philippe voit sa mère se suicider. Il est envoyé dans une institution ayant pour but de remettre dans le « droit chemin » des personnes dont les membres de leur famille se seraient suicidés ou qui auraient tenté eux mêmes de le faire. On leur apprend à vouloir vivre et ce vouloir vivre semble être en corrélation avec le fait d’écraser les autres. Philippe tente de se suicider, mais une jeune fille, Marie, l’en empêche. On retrouve plus tard Philippe et Marie mariés qui n’arrivent pas à avoir d’enfant. Philippe est devenu un membre important de cette société de l’illusion et de la dissimulation paradoxalement assez transparente. Tous les matins, après avoir caché la cicatrice qu’il a au coup, trace de sa tentative de suicide, il se rend au boulot, gare sa voiture au parking et fait passer toutes sortes de tests à des personnes qui semblent vouloir travailler pour sa boîte. La mort est omniprésente dans ce film. Les personnes qui meurent sont mises dans des sacs, sur lequel on peut voir le logo d’une firme, toujours la même, puis dans des camions frigorifiques. On ignore la destination de ces corps, bien qu’une scène puisse faire penser que les cadavres sont ensuite « transformés » en viande et mangés par les humains, ce qui ne peut que faire penser à Soleil Vert.
Le film est difficile à regarder, la bande son est pesante.

Un petit film plein de maladresses, et qui reste assez simple, mais ça vaut quand même le coup de le voir.

Sur la route

Ce « Sur la route », adaptation du roman de Jack Kerouac, on le doit à Walter Salles à qui on devait « Carnets de voyage », le film sur la jeunesse d’Ernesto Guevara.  C’est Coppola père qui détenait les droits depuis 1968, mais c’est Salles qui s’est finalement chargé de porter sur grand écran cette œuvre culte jamais adaptée. J’attendais donc ça avec impatience, mais j’ai été déçu du résultat.

Il y a pourtant un casting impressionnant : les jeunes acteurs Sam Riley (qu’on a pu voir dans Control), Kristen Stewart (qu’on avait pu voir dans « Into the wild » sans oublier le merveilleux Twilight) et Garrett Hedlund qu’on avait vu dans l’excellent « Death Sentence », sans oublier Elisabeth Moss (la Peggy de « Mad Men« ), mais également des comédiens avec plus de bouteille comme Viggo Mortensen, Steve Buscemi (a voir absolument dans « Boardwalk Empire« ) et Kirsten Dunst (Melancholia, Virgin Suicide). Si donc les moyens ont été mis pour cette réalisation d’un grand roman américain, le résultat n’est pas au rendez-vous. On ne peut pourtant pas vraiment se plaindre de la prestation des acteurs. Viggo Mortensen est excellent, comme souvent récemment, rien à reprocher non plus à Steve Buscemi qui fait une petite apparition, ni à Elisabeth Moss que ça fait plaisir de voir en dehors de Mad Men. C’est sans doute Kristen Stewart qui aurait eu besoin de plus de travail. Le duo Riley/Hedlund fonctionne plutôt bien, alors qu’est-ce qui ne va pas ?

D’abord, disons le, c’est un film qui dure 2h20. Ça fait long. Et on a tendance à s’endormir. C’est ennuyeux et la plupart des scènes ne sont pas d’un grand intérêt. Sans doute cet ennui veut être communiqué au spectateur, et si c’est le cas c’est réussi. le rythme (à l’image de certains morceaux de jazz présents dans la bande son) est bancal, et il n’y a pas de film conducteur sinon cette route, comme on pouvait s’y attendre. La scène la plus réussie est sans doute celle où le groupe s’arrête chez le personnage de Old Bull Lee (inspiré par Burroughs) joué par Viggo Mortensen où Sal fait part à son ami Old Bull de l’admiration qu’il a pour Moriarty et où celui-ci le met en garde.

Autrement les scènes sont très clichées, comme on aurait pu s’y attendre. L’ambiance des bars et de la danse avec les noirs au début, les scènes de boom puis les scènes au Mexique.

On dirait un peu « la Boom » non ?

Il faut dire que le « Sur la route » est devenu un classique, comme le road movie en est revenu un, et qui dit classique dit cliché. Un classique, mais un classique qui revient à la mode. Faire son road trip est maintenant devenu courant, et on remarquera que les jeunes branchés d’aujourd’hui s’habillent comme s’habillaient ces jeunes branchés d’alors. Ces images ont été abondamment reprises par la publicité (il y a même des pubs avec des poèmes de Bukowski maintenant), et le film ressemble parfois à une publicité (souvenez vous de la scène « on va se mettre tous les trois tous nus à l’avant de la voiture et la fille va masturber les deux garçons »).

Ceux qui auront vu ce « Sur la route » arriveront-ils à sortir du cliché ?

Pariah

Pariah c’est un petit film indépendant qu’on doit à Dee Rees qui a déjà réalisé Eventual Salvation en 2008. Ça parle d’une jeune fille noire Lee, ou Alike qui découvre sa sexualité. Elle est attirée par les filles et fréquente les boites lesbiennes en compagnie de Laura, sa meilleure amie, lesbienne elle aussi. Mais si Laura assume son homosexualité, ce n’est pas le cas d’Alike. Celle-ci se change tous les matins dans les toilettes de l’école pour s’habiller comme elle le souhaite. Sa mère surprotectrice et sévère voudrait qu’elle s’habille de manière plus féminine et n’aime pas qu’elle fréquente Laura.

Alike demande à Laura de lui acheter un gode ceinture, et l’essaie, sa sœur rentre dans la pièce à ce moment là et Alike lui demande de ne le répéter à personne. Alike enfile le gode ceinture par dessus son caleçon, enfile un pantalon et se rend dans une boite lesbienne en compagnie de Laura, mais elle est gênée par l’objet et elle finit par s’en aller sans avoir pu l’utiliser. De retour à la maison elle jette le gode ceinture à la poubelle.

Le père d’Alike est flic. Il n’est pas souvent à la maison. Sa mère ne veut plus qu’Alike sorte avec Laura, et lui demande de l’accompagner à la messe et de mettre une jupe. À la sortie de la messe elle rencontre une collègue accompagnée de sa fille Bina et propose qu’Alike fasse le chemin avec elle pour se rendre au lycée. Alike accepte à contrecœur. Au début elle se force à fréquenter Bina, comme le veut sa mère, mais elles finissent par bien s’entendre. Bina l’invite chez elle et finit par l’embrasser. Alike est gênée et s’en va. Le lendemain elle va s’excuser auprès de Bina et elles passent une soirée ensemble qui lui permet de faire l’amour avec une fille pour la première fois. Elle est enfin sure de son attirance pour les filles. Malheureusement pour Alike, ce n’était qu’un jeu pour Bina qui voulait simplement avoir une expérience homosexuelle.

Alike est triste mais trouve du réconfort dans les bras de sa meilleure amie Laura.

Le père d’Alike trompe sa mère, et celle-ci finit par s’en rendre compte, et c’est lors d’une scène de ménage qu’Alike va avouer à ses parents son homosexualité. Sa mère va réagir de manière violente et le père va s’interposer. Alike s’enfuit chez Laura. Elle décide de quitter le domicile familial et de poursuivre des études dans une autre ville. Elle demande l’autorisation à son père qui accepte. Elle essaie de parler à sa mère avant de partir, mais celle-ci la considère comme une étrangère et lui dit qu’elle va prier pour elle.

Alike prend le bus et s’en va. Elle dit qu’elle ne fuit pas, mais qu’elle fait simplement un choix de vie.

Pariah est un film sur l’homosexualité et son acceptation, d’un point de vue féminin et dans un milieu afro-américain. Le film ne s’adresse pas à un public lesbien, comme ça pouvait être le cas dans des séries comme The L Word ou Lip Service, mais à un large public. Comme on peut le voir, le scénario est simple, mais ça fonctionne, et la qualité de réalisation est la. Ça n’en fait pas une œuvre majeure, mais un film engagé de bonne qualité.
Pariah, de Dee Rees avec

Adepero Oduye : Alike
Aasha Davis : Bina
Charles Parnell : Arthur
Kim Wayans : Audrey
Pernell Walker : Laura
Sahra Mellesse : Sharonda

Bande annonce :